Mots doux
Dans le papier froissé,
Se substituent au son
Les mots exquis tracés
Liant l’incantation.
Dans le papier froissé,
Se substituent au son
Les mots exquis tracés
Liant l’incantation.
Orios leva les yeux vers le ciel. La conjoncture des astres était particulièrement favorable ce soir. Il s’avança en direction de la mare dont le clapotis résonnait doucement dans la clairière. Il s’accroupit, recueillit un peu d’eau dans sa main qu’il porta à sa bouche. Un bruit lointain troubla soudain le chant de l’eau.
N’est-il jamais arrivé à quiconque de partir ? Non, pas partir définitivement, mais partir, comme cela, s’en aller, sans forcément savoir ou aller, ou même partir physiquement. Partir, simplement, s’évader, oublier peut être, mais partir, ...
Inutile entité, diaphane, effacée,
Distante, dissolue, hideuse et dispersée ;
Entité titubante et presque déficiente,
Nais-tu ou le nies-tu, disloquée, dissonante ?
J’ai laissé mon cœur aux cris de ton absence
Percutant le chaos de ton cruel silence
J’ai laissé mon âme vidée de son essence
Et offert à tes yeux ma douce déchéance
Amour, glisse-toi au creux de mes sens.
Magnifie mon corps de mille caresses
Osmotiques, au point de l’indécence.
Unifie nos cœurs, offre-moi l’ivresse.
Aussi fugace que le son du vent qui bruisse,
Comme celui d’un drap de soie qui se soulève,
Je suis la tisseuse qui lentement se glisse
Au sein des songes fous, quand la lune se lève.
Comme le clavecin dont les notes resteraient
Coincées contre son corps, caressé, percuté
Par les cruelles mains du claviériste porté
Uniquement par le cœur, destructeur, de l’ivraie.
Accrochée à la coque, aux échardes brisées,
D’un bateau échoué aux marées et aux vents,
Une carte marquée, flottant à l’Alizé,
Soulevant avec peine les tissus survivants.
Dupé entre deux vents de pôles opposés,
Le bateau se débat dans la sombre tempête,
Alors que la coque, salie, ecchymosée
Se piège au sein d’un maelström-oubliette.