L’épave (V)

Aujourd’hui sans un bruit j’ai marché dans le sable
Le ressac sur les rocs caressait tout mon être
Accroché à mes pieds le passé ineffable
De milliers de grains voués à disparaitre

L’épave (IV)

Accrochée à la coque, aux échardes brisées,
D’un bateau échoué aux marées et aux vents,
Une carte marquée, flottant à l’Alizé,
Soulevant avec peine les tissus survivants.

L’épave (III)

Dupé entre deux vents de pôles opposés,
Le bateau se débat dans la sombre tempête,
Alors que la coque, salie, ecchymosée
Se piège au sein d’un maelström-oubliette.

L’épave (II)

Capitaine d’une carcasse désormais
En corps à corps avec une mer déchainée,
Capitaine perdu d’un esquif enchainé
dont les planches tendues se craquent, désarmées.

L’épave (I)

Un ciel sombre et funeste aux nuages gorgés
D’une pluie maussade, acide et désastreuse,
S’abat, triste mais fier, sur la mer enragée
Dont le fort fracas chante une folle berceuse.