Sail away

Dans le froid silence des pierres ancrées
Les planches si raides de ton dernier navire,
Immobile, attendent, un ultime zéphyr,
Soufflé de longs sanglots d’écumes éthérées.

Ivresse

Y a-t-il un moment ou je n’ai pas besoin
Du souffle d’un mot doux, du toucher de tes mains ?
A défaut de cela je me noie dans mon vain,
Et attends sans espoir le chaos du demain.

La bête

Dans le noir de la nuit, sournois et silencieux,
Le monstre attentif guette l’instant propice.
Sans lune placide siégeant au sein des cieux,
Croit sans nulle crainte l’obscurité complice.

Mens-moi encore

Mens-moi encore
Comme lorsque tu me disais « tout ira bien »
Quand l’esquif quittait son port
Pour s’abimer dans la tempête au loin

Identité

Inutile entité, diaphane, effacée,
Distante, dissolue, hideuse et dispersée ;
Entité titubante et presque déficiente,
Nais-tu ou le nies-tu, disloquée, dissonante ?

Chute

J’ai laissé mon cœur aux cris de ton absence
Percutant le chaos de ton cruel silence
J’ai laissé mon âme vidée de son essence
Et offert à tes yeux ma douce déchéance

Amort

Amour, glisse-toi au creux de mes sens.
Magnifie mon corps de mille caresses
Osmotiques, au point de l’indécence.
Unifie nos cœurs, offre-moi l’ivresse.

Résonnance

Comme le clavecin dont les notes resteraient
Coincées contre son corps, caressé, percuté
Par les cruelles mains du claviériste porté
Uniquement par le cœur, destructeur, de l’ivraie.