La bête

Dans le noir de la nuit, sournois et silencieux,
Le monstre attentif guette l’instant propice.
Sans lune placide siégeant au sein des cieux,
Croit sans nulle crainte l’obscurité complice.

Le vent léger glisse en un souffle gracieux
Sur l’écorce craquant d’un infini supplice.
Les draps blancs dessinent le contour délicieux
D’un corps dans l’attente du cruel sacrifice.

Imperceptiblement, la chimère se place
Prête à déchiqueter chaque pièce du Moi
Terré dans la prison de ma pauvre carcasse.
Parasite. Imposteur. Vient le cercle narquois.

Car la bête qui sort chaque nuit se repaître
N’est pas sous mon lit mais bien au fond de mon être.

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